Victime d'une infraction pénale : déposer plainte, que faire ? Avocat à Nice
Votre Avocat à Nice vous explique : après une infraction (violences, vol, escroquerie, menaces, harcèlement, infraction sexuelle), conservez vos preuves, faites constater vos blessures, puis déposez plainte. La plainte déclenche l'enquête, et l'enquête ouvre la voie des poursuites et de la réparation. Cette page détaille la plainte et ses suites ; elle complète la page victime d'une infraction ou d'un accident.
Pour un accident de la circulation, qui relève d'un régime d'indemnisation spécifique, voyez la page victime d'un accident de la route.
Avant la plainte : les preuves
Une plainte solide repose sur des éléments datés et vérifiables. Faites-vous examiner par un médecin, qui établira un certificat décrivant vos lésions et pourra fixer une incapacité totale de travail (ITT). Cette durée compte pour la qualification des faits et pour l'évaluation de votre préjudice. Conservez les messages, courriels, enregistrements, captures d'écran et photographies, sans les modifier. Notez par écrit, tant que vos souvenirs sont précis, la chronologie des faits, les propos échangés, les lieux, les noms des témoins. Gardez les vêtements concernés dans l'état où ils se trouvent.
L'avocat n'est pas la priorité des premières minutes : si vous êtes en danger immédiat ou blessé, appelez d'abord les secours (le 17, le 112, ou le 15 et le 18 en cas de blessure) ; par SMS, le 114 permet d'alerter les secours lorsqu'on ne peut pas parler. Le 3919 (violences conjugales) fonctionne tous les jours, à toute heure ; le 116 006 est le numéro d'aide aux victimes, de 9 h à 20 h, appel gratuit.
Déposer plainte : où, comment, avec quels droits
Vous pouvez déposer plainte dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, ou l'adresser par écrit au procureur de la République. Les officiers et agents de police judiciaire sont tenus de recevoir les plaintes des victimes, y compris si le service n'est pas territorialement compétent : la plainte est alors transmise au service compétent (article 15-3 du code de procédure pénale). La plainte peut aussi être envoyée par voie électronique, sans que cette modalité puisse vous être imposée, et les enquêteurs peuvent vous convoquer pour une audition lorsque la nature ou la gravité des faits le justifie (article 15-3-1).
Au dépôt, vous devez être informé de vos droits : obtenir réparation, vous constituer partie civile, être assisté d'un avocat, être aidé par une association d'aide aux victimes, saisir la commission d'indemnisation des victimes d'infractions lorsque les conditions sont réunies, connaître les mesures de protection (notamment les ordonnances de protection), et bénéficier d'un interprète si besoin (article 10-2). Demandez une copie ou un récépissé : la date de la plainte sert de point de départ à plusieurs délais.
Apportez votre pièce d'identité, votre certificat médical, vos preuves classées par ordre chronologique et le nom des témoins. Relisez soigneusement le procès-verbal avant de le signer : une imprécision se corrige à ce moment-là beaucoup plus facilement qu'au stade de l'audience. Pour les violences conjugales, la page violences conjugales et avocat de la victime décrit les mesures de protection ; pour les infractions sexuelles, victime de viol : vos droits et votre procédure.
Plainte ou main courante ?
La plainte exprime la volonté que les faits soient poursuivis : elle est adressée au procureur de la République, qui décide de la suite. La main courante consigne vos déclarations, sans qu'elle déclenche en elle-même de poursuites ; elle peut servir de repère chronologique mais ne remplace pas une plainte. Si vous hésitez, privilégiez la plainte et faites-vous conseiller avant le dépôt lorsque la situation le permet. Voyez la fiche dépôt de plainte.
Après la plainte : poursuites, classement, recours
Le procureur de la République apprécie la suite à donner. Lorsque l'auteur est identifié, il peut engager des poursuites, mettre en œuvre une procédure alternative ou classer sans suite lorsque les circonstances particulières liées à la commission des faits le justifient (article 40-1). Il doit vous informer des poursuites ou mesures alternatives décidées et, en cas de classement, des raisons juridiques ou d'opportunité de sa décision (article 40-2). Toute personne ayant dénoncé des faits peut former un recours contre le classement auprès du procureur général (article 40-3). Voyez les fiches classement sans suite et avis à victime.
Lorsque le parquet ne poursuit pas ou reste silencieux, vous pouvez déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction. Elle est recevable si le procureur vous a fait connaître qu'il n'engagera pas de poursuites, ou si trois mois se sont écoulés depuis votre plainte (déposée auprès du procureur contre récépissé ou par lettre recommandée, ou depuis l'envoi à ce magistrat de la copie de la plainte déposée auprès d'un service de police judiciaire). Cette condition n'est pas exigée pour un crime (article 85). Voyez plainte avec constitution de partie civile.
Devenir partie civile
L'action civile appartient à toute personne qui a personnellement souffert du dommage directement causé par l'infraction (article 2). Elle peut être exercée en même temps que l'action publique et devant la même juridiction : on parle alors de partie civile (article 3), pour tous les chefs de dommages, matériels, corporels ou moraux. Elle peut aussi être portée devant une juridiction civile, mais il est alors sursis au jugement tant que l'action publique, si elle a été mise en mouvement, n'est pas définitivement jugée (article 4) ; la partie qui a choisi la voie civile ne peut en principe plus saisir la juridiction répressive (article 5). Ce choix mérite donc réflexion.
Lorsque l'auteur est inconnu ou insolvable, la commission d'indemnisation des victimes d'infractions peut intervenir sous conditions, notamment pour les faits ayant entraîné la mort, une incapacité permanente ou une ITT d'au moins un mois, ou pour certaines infractions listées dont les infractions sexuelles (article 706-3). La demande doit être formée dans un délai de trois ans à compter de l'infraction, qui n'expire qu'un an après la décision définitive lorsque des poursuites sont exercées ; pour une infraction commise sur un mineur, il ne court qu'à compter de la majorité (article 706-5). Voyez fonds de garantie et CIVI.
Les délais de prescription
La prescription de l'action publique est de six ans pour un délit, vingt ans pour un crime et un an pour une contravention, à compter du jour des faits, avec des règles plus longues pour certaines infractions commises sur des mineurs (articles 7, 8 et 9). L'action civile pour dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la consolidation (article 2226 du code civil). Voyez la fiche prescription de l'action publique.
Le rôle de l'avocat, et quand consulter
L'avocat vous aide à qualifier les faits, à rédiger ou compléter la plainte, à ordonner les pièces, à préparer votre audition, puis à suivre le dossier : demande d'actes, contestation d'un classement, constitution de partie civile, représentation à l'audience, chiffrage de votre préjudice. Vous pouvez le consulter avant la plainte, ou à tout moment ensuite, notamment après un avis de classement ou une convocation. Les frais d'avocat restent en principe à votre charge, sauf aide juridictionnelle ou assurance de protection juridique. Voyez l'avocat de victime à Nice et les honoraires.
Questions fréquentes
Peut-on refuser d'enregistrer ma plainte ?
Non : les officiers et agents de police judiciaire sont tenus de recevoir les plaintes des victimes, même si le service n'est pas territorialement compétent (article 15-3 du code de procédure pénale). En cas de difficulté, écrivez au procureur de la République.
Quelle est la différence entre plainte et main courante ?
La plainte demande que les faits soient poursuivis et est transmise au procureur. La main courante se borne à consigner vos déclarations. En cas de doute, une plainte protège mieux vos droits.
Ma plainte est classée sans suite : que faire ?
Vous pouvez former un recours auprès du procureur général (article 40-3), déposer une plainte avec constitution de partie civile (article 85), ou agir devant la juridiction civile. Faites examiner l'avis de classement rapidement.
Dois-je me constituer partie civile ?
C'est la voie pour demander réparation devant le juge pénal, en même temps que l'action publique. Elle n'est pas obligatoire : vous pouvez aussi agir devant le juge civil, mais le choix est en principe irrévocable (articles 2 à 5).
Combien de temps ai-je pour agir ?
La prescription de l'action publique est d'un an (contravention), six ans (délit) ou vingt ans (crime), à compter des faits, avec des exceptions. Pour la CIVI, le délai est de trois ans à compter de l'infraction (article 706-5).
Être assisté dans vos démarches
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Page d'information générale, qui ne constitue pas une consultation juridique.
Table des matières
GUERINOT & GUEDDA, Avocats au Barreau de Nice – Droit des victimes et indemnisation.
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